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Comment l’escalier vient à l’esprit…

vendredi 20 juin 2025, par Sébastien Rongier

Comment l’escalier vient à l’esprit…






Les idées sont souvent le fruit d’un hasard, d’un collage de situations qui se nouent et font germer des projets ; c’est un frottement inattendu qui produit une petite étincelle, il faut juste être attentif au bon moment pour s’en saisir et laisser tout cela vagabonder suffisamment pour se mettre à écrire et en faire un livre.

L’anecdote est simple : je sortais d’un cours sur Psychose durant lequel j’avais parlé du meurtre d’Arbogast et j’entrais immédiatement après dans un autre cours, avec d’autres étudiants pour parler du Cuirassé Potemkine… et là je me suis entendu penser : « Ah tiens encore un escalier ! »

A partir de ce moment précis, le terme escalier s’est installé dans mon esprit et a commencé à proliférer, non pas comme une obsession mais comme une évidence : les escaliers sont partout, pas seulement dans nos vies ordinaires mais également dans les arts. J’ai donc commencé à chercher, lire, voir, découvrir et redécouvrir… oui redécouvrir beaucoup car les évidences ne sont pas si simples à trouver.

J’ai donc entamé un travail de recherches intérieures : retrouver des films et des œuvres marquantes en escaliers. Cela a finalement été assez simple car elles sont nombreuses. Puis, ce sont ajoutées des lectures et des croisements qui ont permis des découvertes et des rappels. Cela dit, le corpus est infini et certains esprits chagrins auront beau jeu de noter qu’il manquera telle ou telle référence (essentielle). La totalité est un rêve, l’exhaustivité un espoir. Chaque livre est un choix, un dialogue avec chacun et la possibilité d’inventer d’autres pistes.

L’esprit de ce livre, c’est une liberté d’organisation et d’analyses à l’intérieur d’une thématique simple et claire. Je n’ai pas voulu faire de l’escalier un strict objet théorique, j’ai préféré traverser les logiques esthétiques de ce motif à partir des œuvres et parler des marches à partir d’elles en proposant des variétés d’analyses en changeant les échelles et les points de vue, en convoquant les différents arts et des œuvres appartenant autant à la culture populaire qu’à des formes plus pointues. Il s’agissait de former une constellation et de se promener à l’intérieur, de s’y promener joyeusement et de partager les analyses. Il est donc possible d’entrer dans une œuvre par le détail d’un escalier dans un fragment du texte, du film ou de la peinture. On peut aussi envisager la logique de l’escalier à l’intérieur d’un film ou d’un roman dans son ensemble. Il est également possible de traverser l’œuvre entière d’un artiste pour constater que l’escalier n’est pas un simple fait récurrent de mise en scène mais un élément qui structure l’ensemble d’un geste artiste. C’est ce qui me permet par exemple de parle de cinéaste d’escalier. Enfin l’escalier peut être une structure plastique à l’intérieur d’une démarche commune, comme pour l’Expressionnisme allemand, impliquant de traverser la filmographie de nombreux cinéaste, théoriciens et dramaturges, transformant un signe architectural en sens esthétique et historique.

Puisque l’escalier est une invitation à la multitude, j’ai envisagé les différents degrés de cet univers architectural en commençant par Monter puis par Descendre avant de comprendre qu’il s’agit également d’un espace où Mourir, Rencontrer, Penser, Montrer ou encore Tomber.


Ce livre est le quatrième essai à paraître aux Belles Lettres après Théorie des fantômes (2016), Cinématière (2015) et De l’ironie (2007). Je ne remercierai jamais assez Caroline Noirot pour son soutien indéfectible et amical, y compris pour un projet comme celui-ci qui a immédiatement suscité son enthousiasme.







L’organisation du site autour de L’Esprit de l’escalier

On parle de L’Esprit de l’escalier

Les images de l’Esprit de l’escalier

Une couverture et une quatrième

Les épigraphes du livre

Une table des matières

Le plan du livre avec les œuvres

Une bibliographie